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clairette Junior

Inscrit le: 12 Fév 2007 Messages: 13
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Posté le: Lun 12 Fév 2007 17:09 Sujet du message: A propos de passage anticipé en CE2 |
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Bonjour,
tout d'abord, veuillez m'excuser si je ne poste pas au bon endroit, je suis nouvelle ici.
Je voudrais exposer un cas que personne dans mon entourage d'enseignants (moi je ne suis pas enseignante, en revanche)n'a rencontré.
Il s'agit un couple ami, qui depuis l' entrée en maternelle de leur fils, cumule les rendez-vous avec les instits pour que le petit passe dans la classe supérieure.Ce qui n'a jamais été fait.Ils "ne ressentent pas son potentiel" dit la mère.
Aujourd'hui il est en CP.Dés la rentrée, le papa est allé voir l'instit pour lui dire que l'enfant était très en avance.(je le connais bien, et je ne le pense pas très en avance.Il a assez peu d'appétence intellectuelle, mais s'applique et travaille bien.)
Puis le gamin a fini par dire qu'il s'ennuyait en classe.Que la maîtresse n'était pas assez "sexy"(sic).Que c'était trop facile.
Rendez-vous est pris, après une semaine sans école (depuis toujours, c'est l'enfant qui décide de l'organisation de ses journées, ainsi il ne va pas à l'école quand il ne veut pas.Mais là, il pleurait très fort pour ne pas y aller)
La psychologue scolaire a été interpellée.Là, je précise que mon amie est schizophrène et son mari est atteint d'un trouble anxieux, et que leur relation avec l'école est très conflictuelle, en même temps qu'ils en attendent tout, même d'apprendre à leur gosse à faire pipi debout.
Donc, voilà mon petit qui reste en CP, mais qu'on extrait de sa classe pour qu'il suive les cours de français avec les CE1.
"Ainsi, dit la mère, il n'aura plus qu'à rattrapper les maths et il passera au CE2 en septembre".
Je suis inquiète, car psychologiquement, ce gamin ne s'en tirait pas mal, vu le contexte.Alors quelle peut être la nature de cet arrangement?
Une directrice d'école peut-elle précipiter un enfant dans l'échec pour ne pas contrarier les parents?
La psychologue a dit que cet enfant était amusant et savait ce qu'il voulait.Je n'en sais pas plus.J'évite de trop remuer le sujet avec mon amie qui souffre d'un délire paranoïaque à bas bruit.
Donc voilà ma question:
est-ce une école bizarre?
ou l'équipe pédagogique a t-elle mis en place ce système pour calmer le jeu?
Je m'inquiète pour le gamin.
(la grande soeur a developpé et souffre de troubles de la personnalité consécutifs entre autres à certaines négligences parentales..)
Merci
clairette |
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Hugues Sage

Inscrit le: 02 Juil 2006 Messages: 206 Localisation: Montpellier
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Posté le: Lun 12 Fév 2007 20:47 Sujet du message: |
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Bonjour,
Il arrive fréquemment que les parents d'élèves demandent de "sauter" une classe pour leur enfant. C'est quelque chose que nous avons déjà fait dans notre école en prenant le plus de précautions possibles (car c'est extrêmement délicat et à plus d'un titre!).
Il faut d'abord prendre avec beaucoup de recul l'évaluation parentale sur la scolarité d'un enfant. L'objectivité est rarement de mise, on fait porter souvent à son enfant beaucoup de choses qui ne lui appartiennent pas.
Il faut prendre avec beaucoup de recul le discours de l'enfant genre: "je m'ennuie en classe, c'est trop facile!". Un enfant n'est pas sourd et a tendance à rentrer dans le discours parental. A condition que ce soient bien ses propres mots et non une interprétation parentale.
Ensuite, il me semble qu'une évaluation du QI (avec tout ce que ça a de discutable) est indispensable dans ce cas et ce, par un psychologue spécialisé (par exemple dans la précocité, cela existe). Pour moi, c'est une des premières conditions à un saut de classe. Un Q.I d'enfant précoce doit dépasser 130 il me semble. Il faut être prudent avec les enfants qui ont de bons résultats scolaires parce qu'ils sont très "scolaires" (d'ailleurs, bien souvent, les enfants précoces ne sont justement pas scolaires du tout).
Cette évaluation des compétences intellectuelles doit être couplée avec une évaluation psychologique. En effet, ce n'est pas parce que l'on est en avance intellectuellement qu'il est forcément indiqué de sauter une classe. Souvent, les enfants "précoces" ont justement un gros décalage de maturité affective (cette dernière étant largement en dessous de la maturité intellectuelle, ce qui crée des conflits avec les pairs et parfois des souffrances psychologiques).
Un enfant précoce est généralement habitué à la facilité intellectuelle. C'est donc, bien souvent, un enfant qui ne développe pas de méthode de travail (il n'en a pas encore besoin). Tant que cela est possible, il est brillant sans se fatiguer et n'apprend pas tout ce que les autres apprennent en terme de méthodologie, de démarche de résolution et d'efforts. C'est comme cela que se retrouvent, au collège, des enfants précoces en difficulté scolaire. Ces enfants ont beaucoup de choses à apprendre en restant dans leur classe d'âge (à condition de le savoir et de les accompagner en conséquence).
De plus, ces enfants grandissent dans des classes où lâge moyen est supérieur au leur (encore plus si l'on tient compte de la maturité affective!) et se retrouvent confrontés à des problèmes relationnels qui prennent parfois une importance énorme. Je pense aussi qu'un suivi psychologique (à adapter selon l'enfant) est indispensable à un saut de classe.
Avoir un enfant précoce est un vrai problème qu'il n'est pas facile de gérer, ni pour la famille ni pour l'école. C'est un enfant extrêmement fragile et exposé aux projections des adultes (parents et enseignants) et de ses pairs.
En résumé, pour moi, un saut de classe doit être conditionné par:
-un diagnostic de précocité intellectuelle par un test de Q.I fiable chez un psychologue spécialisé,
-un avis de ce spécialiste qui tient compte d'un bilan psychologique plus large que la mesure des compétences intellectuelles,
-un suivi psychologique adapté à la situation personnelle de l'enfant,
-une prise en compte des difficultés de l'enfant et un accompagnement efficace (à la maison, à l'école, en association d'enfants précoces, etc...)
-un véritable engagement de la part de l'enfant, en connaissance de cause et dégagé de toute pression parentale (si cela est possible)
Toutefois, je suppose que les enseignants de l'école de l'enfant dont vous nous parlez ont pris la bonne décision après avoir longuement réfléchi. En tout cas je l'espère pour lui! Vous pouvez toujours conseiller vos amis de rencontrer une associations d'enfants précoces ou de prendre rendez-vous, ce qui est encore mieux, chez un psy spécialisé.
Cordialement Hugues. |
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clairette Junior

Inscrit le: 12 Fév 2007 Messages: 13
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Posté le: Lun 12 Fév 2007 23:43 Sujet du message: |
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J'espère en effet que les enseigants ont pris la meilleure décision...
Le fait est que cet enfant ne savait pas lire à l'entrée au CP (enfin, il déchiffrait à peu près), qu'il ne manifeste aucune appétence pour les apprentissages et n'est pas demandeur en ce qui concerne les choses intellectuelles.
Il est abonné à 6 livres dans l'année, il n'en lit aucun, ça ne l'interresse pas.
Mon fils, qui a 10 mois de plus, voulait lui montrer une méthode qu'il avait inventée pour déterminer si des nombres avaient des doubles et des moitiés?Il ne manifeste aucune curiosité, dit que mon fils lui casse la tête.Pareil quand il s'agit de s'interesser à l'espace, aux fusées, à l'infini.
En revanche, je le pense très studieux.Il a une très belle écriture, qu'il soigne, ses dessins s'appliquent à être au plus proche de la réalité.
Quant à proposer aux parents de rencontrer un psy-quoi-que-ce-soit...c'est non.
Ils se sont fâchés avec leurs parents qui, sachant les antécédents, ont essayé de proposer un suivi pour le petit.
La maman est vraiment malde, bien que stabilisé, et le papa n'est pas au mieux, quant à la grande soeur, en licence, elle a des troubles graves.
Je vais seulement essayer de ne pas m'énerver, de ne pas trop en parler, et me dire que l'école a fait au mieux et continuera.
Le fait est que la grande a fait son secondaire dans le privé, puisque la famille avait décrété que le public était incompétent pour la comprendre... (je crois que c'est ce qui m'énerve le plus, au final..)
Merci de votre réponse.
clairette |
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Hugues Sage

Inscrit le: 02 Juil 2006 Messages: 206 Localisation: Montpellier
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Posté le: Lun 12 Fév 2007 23:53 Sujet du message: |
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bonsoir,
Il a déjà vu un psy scolaire une fois. C'est peut-être un moyen, de la part de l'école, d' entamer un suivi plus efficace de l'enfant. En tout cas ce serait un bon moyen pour faire pression sur la famille et pouvoir accompagner psychologiquement cet enfant. Si l'école est au courant de la situation familiale elle serait complètement irresponsable de ne pas tenter quelque chose! |
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clairette Junior

Inscrit le: 12 Fév 2007 Messages: 13
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Posté le: Mar 13 Fév 2007 12:58 Sujet du message: |
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Eh bien, j'espère en effet que ce peut être une occasion pour qu'il bénéficie d'un suivi...
Si vous le voulez bien, je vous tiendrai au courant de la suite.
(mon beau-frère m'a dit qu'en effet, cette pratique de mettre un élève à l'essai dans une autre classe est assez courante, mais pas que pour une seule matière...)
Quoiqu'il en soit, il est délicat, voire impossible, d'échanger avec objectivité, à la maman, car elle se braque et il peut s'ensuivre 2 jours d'angoisses et de clinophilie.
Donc, on va compter sur l'école.
Et espérer le meilleur!
clairette |
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